Mon univers
Mon univers est fait de matière, de gestes et de liens. Un espace où le temps ralentit, où chaque chose prend forme progressivement, sans être brusquée.
Tout commence avec la Terre. J’ai choisi de travailler la faïence. Un choix qui ne s’est pas fait de manière réfléchie au départ, mais qui, avec le temps, m’est apparu comme une évidence. La faïence est une terre qui se cuit à basse température. Contrairement au grès ou à la porcelaine, elle conserve une forme de porosité. Elle reste plus ouverte, plus sensible à ce qui la traverse. C’est une matière perméable. Et je crois que c’est précisément ce qui me touche. Travailler cette terre, c’est accepter qu’elle réagisse, qu’elle absorbe, qu’elle garde la trace de ce qui la rencontre. Comme si elle ne se fermait jamais complètement.
Dans mes pièces du quotidien, cette relation à la matière se prolonge dans le décor. Trois lignes principales reviennent. Un motif rayé, simple, presque évident. Et deux autres décors que l’on associe souvent à des paysages. Des lignes, des horizons, des zones de passage. Entre une terre plus brute et des nuances plus fluides, presque aquatiques. Ces décors ne sont jamais totalement maîtrisés. Ils se déplacent, se mélangent, évoluent. Ils racontent quelque chose qui est en mouvement.
À côté de ces pièces utilitaires, mon travail prend une autre forme. Plus libre, plus exploratoire. J’y associe la céramique à un tissage en raphia, que je réalise moi-même. Un geste différent, mais profondément lié au reste. Tisser, c’est relier. Créer des points d’ancrage, des passages, des connexions. Ce travail du lien est presque instinctif. Comme un besoin de faire se rencontrer les matières, de créer des continuités entre des éléments qui, au départ, sont séparés.
Mon univers se construit ainsi. Entre une terre qui reste ouverte, des formes qui évoluent, et des liens qui se tissent. Créer, pour moi, c’est être à cet endroit.
Entre ce qui s’ancre…et ce qui circule.